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Bazoum-Ousmane, le lieutenant contre l'ancien président

Mohamed Bazoum, fidèle lieutenant du président sortant Mahamadou Issoufou, arrivé en tête au premier tour de la présidentielle au Niger, affrontera l'ancien président Mahamane Ousmane au 2e tour en février.

Photo: Un partisan de Mohamed Bazoum pose avec un tee-shirt à son effigie, le 23 décembre 2020 à Diffa, au Niger. AFP
 Bazoum, le "vrai numéro 2"
Dauphin désigné du président Mahamadou Issoufou dont il est un ami de longue date, Mohamed Bazoum a été son bras droit pendant ses dix ans au pouvoir. 
Il est considéré comme le vrai numéro deux de l'Etat, devant le Premier ministre Brigi Rafini, qui gère toutes les affaires sensibles et est consulté sur tous les dossiers, de la diplomatie à l'économie, mais particulièrement sur les questions sécuritaires.
Il est longtemps resté dans l'ombre, s'occupant souvent de tâches ingrates comme l'appareil du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS, dont il est un des membres fondateurs comme Issoufou) mais aussi en jouant les fidèles lieutenants comme ministre d'Etat à la présidence, puis de l'Intérieur après la réélection d'Issoufou en 2016. 
Né en 1960 à Bilabrine dans la région de Diffa (Sud-Est), Bazoum est arabe, une ethnie minoritaire au Niger, ce qui lui vaut aujourd'hui des accusations sur ses origines "étrangères". 
Après des études à Gouré (Sud-Est), puis un à baccalauréat Zinder (Sud), il a étudié la philosophie au Sénégal où il s'est ancré à gauche, avant de revenir au Niger pour enseigner. Aujourd'hui, il fait de l'éducation un de ses chevaux de bataille, estimant qu'il faut non seulement recruter des enseignants mais surtout améliorer leur qualité.  
Syndicaliste, il a commencé sa carrière politique dans les années 1990 aux côtés d'Issoufou avec qui il a créé le PNDS. 
Il a fait de la prison pour ses activités sous la présidence d'Ibrahim Mainassara, puis poursuivi sa carrière de député tout en occupant des postes de secrétaire d'Etat et de ministre, avant de devenir un des grands opposants au président Mamadou Tandja.
Figurant parmi les artisans de la victoire d'Issoufou en 2011, il devient ministre des Affaires étrangères, puis de l'Intérieur lors du deuxième mandat, avant de quitter ses fonctions il y a six mois pour se consacrer à sa campagne.
"Au niveau intelligence, il est au-dessus du lot par rapport à la moyenne et par rapport aux autres candidats", selon une source occidentale. 
"C'est un travailleur mais il est peut être sec et rugueux", assure une autre source, rappelant son passage à l'Intérieur. 
Premier président du Niger démocratiquement élu en 1993, Mahamane Ousmane tente pour la cinquième fois consécutive de reconquérir le pouvoir qu'il avait perdu après le coup d'Etat militaire de 1996.
Ce Haoussa de Zinder (centre-est) avait été confronté à la première rébellion touareg au Nord, qui avait cessé après des accords de paix en 1995, mais sa présidence fragilisée n'avait pas survécu un an plus tard à un coup d'Etat.
Sous sa présidence, il avait dû composer pour garder le pouvoir avec deux hommes aux dents longues: Mahamadou Issoufou, à l'époque président du Parlement, et Hama Amadou, son Premier Ministre, qui a vu sa candidature rejetée à la présidentielle de 2020 et lui a apporté son soutien.
Cette fois, Ousmane se présente sous la bannière d'un nouveau parti, le Rassemblement démocratique et républicain (RDR) qu'il a récemment créé. 
En 2011 et 2016, il était arrivé 4e aux présidentielles. 
Cet économiste formé en France et aux États-Unis dénonce le bilan économique "désastreux" des dix ans de pouvoir de Mahamadou Issoufou. 
M. Ousmane a été pendant dix ans le président du Parlement sous Mamadou Tandja (1999-2010) avant de le lâcher quand celui-ci avait voulu s'accrocher à son fauteuil après ses deux mandats légaux. 

Avec AFP

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